TursujuqTursujuq

​​​​​​​Trésor du Nunavik et d’une superficie de 26 107 km2, le Parc national Tursujuq est le plus vaste du ​Québec. Il est situé près de la côte est de la baie d’Hudson, non loin de la communauté inuite d’Umiujaq. ​Fait remarquable, on y trouve des vestiges d’occupation humaine datant de plus de 3 000 ans et d’anciens postes de traite autrefois utilisés par les Inuits et les Cris.


Véritable carrefour des cultures, vous serez conquis par la beauté de ce territoire immense bordé par les fabuleuses cuestas hudsoniennes, par le lac Tasiujaq dont les eaux saumâtres soumises aux marées constituent un véritable havre pour les phoques et les bélugas ainsi que par le double cratère météoritique du lac Wiyâshâkimî, le deuxième plus grand lac naturel du Québec. Laissez-vous rêver à voguer sur les eaux cristalines de ses lacs ou encore à vivre une expédition hivernale unique, dans le confort de l'expertise de nos guides Inuit.

Parc nationalTursujuq
PO Box 2205
Umiujaq (Quebec)
J0M 1Y0
819-331-5454

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​Une occupation millénaire

Imaginez les ancêtres des Inuits et des Cris qui occupaient cette région du Nunavik il y a environ 2 800 ans. Au XVIIIe siècle, les chasseurs parcouraient la région et ont établi des campements aux environs du lac Tasiujaq, de la Petite rivière de la Baleine et de la Grande rivière de la Baleine. Les habitudes de vie des Cris et des Inuits font en sorte qu'il y a peu de contacts entre eux, les Inuits fréquentant davantage la côte pour la chasse aux mammifères marins, alors que les Cris se trouvent à l'intérieur des terres, où le couvert forestier est plus important.​ Au court de l'été, ce sont ces campements que vous pouvez retracer lors de séjours en kayak sur le lac Tasiujaq. À l'hiver, imaginez découvrir un mode de vie ancestral lors d'une expédition nordique spectaculaire.

​L'époque de la traite des fourrures

En 1670, l'arrivée de la Compagnie de la Baie d'Hudson en Amérique du Nord marque une ère nouvelle où d'importants changements surviennent chez les autochtones de la baie James et de la baie d'Hudson. En raison de la traite des fourrures, l'économie est axée sur le piégeage, et les patrons d'utilisation du territoire sont modifiés. Les postes de traite deviennent alors les nouveaux centres d'activité. Fait intéressant, ce n'est cependant qu'au début des années 1840 que la Compagnie de la Baie d'Hudson établit les premiers contacts avec les Inuits.

Au fil des temps, divers postes de traite ont été établis sur l'île Cairn, à la Petite rivière de la Baleine et sur la rive sud du lac Tasiujaq. Outre la traite des fourrures, la chasse aux baleines fut également une activité très importante au poste de la Petite rivière de la Baleine. Vestiges du passé, plusieurs bâtiments de l'ancien poste de George Papp sont encore debout au lac Tasiujaq et l’île Cairn compte des sites archéologiques tel que le Fort Richmond.

​Les villages d'accueil : Umiujaq et Kuujjuaraapik

Le parc national Tursujuq est dans la cour arrière du village nordique d'Umiujaq. Ce village, très récent, fut fondé en 1986. Sa création découle des négociations ayant mené à la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord-du-Québec en 1975. En effet, les Inuits avaient demandé la construction d'une nouvelle communauté au nord de Kuujjuarapik compte tenu de la proximité du projet hydroélectrique de la Grande rivière de la Baleine. Près du tiers des Inuits de Kuujjuarapik se sont établis dans la communauté d'Umiujaq en 1986. Le village compte aujourd'hui environ 480 habitants, dont 36% ont moins de 15 ans. La langue maternelle y est l'inuktitut et les activités de subsistance y demeurent très importantes. Les prises principales sont les mammifères marins, le caribou, le lagopède, la sauvagine et le poisson. Le lac Tasiujaq est leur secteur de chasse principal.

La communauté de Kuujjuarapik-Whapmagoostui est située à l'embouchure de la Grande rivière de la Baleine sur la côte nord. Elle est habitée par deux communautés, respectivement les Inuits et les Cris. Kuujjuarapik signifie « la petite grande rivière » en inuktitut et Whapmagoostui signifie « la rivière au béluga » en langue crie.​ Au coeur des dunes de sable, Kuujjuarapik est la communauté la plus au sud du Nunavik.

Parmi les villages d'accueil secondaire se trouve également Inukjuak. ​Ce village utilise de façon très importante le secteur de la rivière Nastapoka, ce dernier étant très important en matière d'activités traditionnelles et culturelles. Ce village est une des plus grandes communautés du Nunavik avec une population de plus de 1 600 habitants.​

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Le parc national Tursujuq a comme but principal de protéger un échantillon représentatif des cuestas hudsoniennes et du plateau hudsonien​.

Les cuestas​​

Le relief de la côte entre Umiujaq et la Petite rivière de la Baleine fait partie du plus important système de cuestas au Québec. Il s'agit de strates rocheuses faiblement inclinées dans un même sens et constituées de sédiments consolidés sensibles à l’érosion, recouvertes d’une couche résistante. Les cuestas ont été formées par l’érosion le long des lignes de faiblesse, laquelle a dégagé un relief asymétrique. Les cuestas hudsoniennes offrent des paysages hors du commun, rappelant parfois les canyons de l’Ouest américain. De leur sommet, les visiteurs peuvent admirer l’immensité du plateau hudsonien et de la baie d’Hudson. En outre, les cuestas abritent plusieurs espèces d’oiseaux de proie.​​

Le Goulet​​

Le goulet relie le lac Tasiujaq à la baie d’Hudson. Le courant y est très fort et entraîne la formation de polynies, zones qui restent libres de glace même en hiver, importantes pour certains mammifères marins. Les environs abritent une grande diversité floristique et faunique et représentent un habitat important pour des espèces rares et des espèces en péril. Les visiteurs qui explorent ce secteur doivent faire preuve de la plus grande circonspection​.

​​Le lac Wiyâshâkimî

Il y a environ 287 millions d’années, un double impact météoritique a déformé la croûte terrestre, créant deux bassins circulaires côte à côte. Avec une superficie de 1 226 km², le lac Wiyâshâkimî constitue le deuxième plus grand lac naturel du Québec.

​La faune​

Selon les cartes de distribution consultées, ce territoire abriterait 38 espèces de mammifères, 131 espèces d’oiseaux et 42 espèces de poissons.

La population de bélugas de l’est de la baie d’Hudson fréquente le territoire à l’étude. La rivière Nastapoka et la Petite rivière de la Baleine sont les deux zones estuariennes majeures où des concentrations de bélugas sont observées entre la mi-juillet et la fin août, au moment de la mue d’été. Un nombre moindre de bélugas pénètrent également dans le lac Tasiujaq, où ils se rassemblent dans la baie Kilualuk.

Bien que la portion marine du territoire à l’étude renferme trois espèces de phoques, l’une d’elles se trouve à plus de 150 km à l’intérieur des terres! Il s’agit de la population de phoques d'eau douce des lacs des Loups Marins, estimée à moins de 500 individus.

On peut observer dans le parc les espèces typiques de mammifères terrestres, dont le caribou, l’orignal, l’ours noir et une myriade de petits mammifères. Le territoire est également propice à la présence de carcajous, espèce menacée au Québec, de même que de lynx du Canada.

Le territoire se trouve dans le corridor migratoire de la bernache du Canada et de l’oie des neiges, où ces dernières peuvent faire halte. On y retrouve aussi des espèces en péril telles que l’arlequin plongeur, le garrot d’Islande, l’aigle royal et du pygargue à tête blanche.

Le lac Tasiujaq renferme à la fois des espèces marines et dulcicoles de poissons. Une compétition pour l’habitat a lieu entre l’omble chevalier et l’omble de fontaine. C’est toutefois ce dernier qui domine dans presque tous les tributaires du lac. Fait particulier, la rivière Nastapoka abrite une population de ouananiches. Cette population serait la seule de la côte est de la baie d’Hudson.

La présence du crapaud d’Amérique et de la grenouille des bois a été confirmée dans le secteur du lac Tasiujaq. Quatre autres amphibiens seraient p​résents sur le territoire, dont la salamandre à points bleus, de même qu’un reptile, la couleuvre rayée.​

​​​La flore

L’exploration botanique du territoire a débuté à la fin du XIXe siècle. Depuis l’arrivée du Centre d’études nordiques, qui s’intéresse à la région des lacs Tasiujaq et Wiyâshâkimî, plusieurs milliers de spécimens y ont été récoltés. La liste annotée compte plus de 500 espèces. Globalement, les espèces boréales comptent pour les deux tiers des espèces présentes sur le territoire. En raison de leurs caractéristiques climatiques et topographiques et de l’abondance des taxons arctiques qu’elles abritent, les cuestas et certaines îles exposées du lac Tasiujaq de même que les îles centrales du lac Wiyâshâkimî peuvent être considérées comme des enclaves arctiques.​​