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Le  parc national Ulittaniujalik est riche d’une histoire millénaire captivante. Parmi ses plus beaux atouts, le pic Pyramide, emblème du parc, exhibe d’anciennes lignes de rivage qui témoignent d’une histoire vieille de 7 000 ans. La rivière George, autrefois témoin des mouvements migratoires de centaines de milliers de caribous, fut également une voie de passage historique pour les peuples inuit et naskapi, ainsi que pour les explorateurs et aventuriers. Elle offre auourd'hui de formidables occasions de descente de rivière! Lors de sa création en 2016, le parc national Ulittaniujalik est devenu le 2e plus grand parc du Québec.

Parc national Ulittaniujalik
info@nunavikparks.ca
PO Box 30
Kangiqsualujjuaq (Quebec)
J0M 1N0
819-337-5454

Expériences à Ulittaniujalik

​La planification des activités qui seront offertes au parc national Ulittaniujalik est en cours et des expériences vous serons proposées d’ici 2020. Il vous est toujours possible de développer votre propre expérience sur mesure pour explorer le parc national Ulittaniujalik.

Pour voir les documents relatifs à Ulittaniujalik, cliquez ici.
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Un lieu de rencontre des territoires inuits et naskapis

Depuis des générations, les Inuits utilisent les réseaux fluviaux de la rivière George et de la rivière Ford pour accéder aux sentiers de l’intérieur des terres leur permettant de chasser le caribou et de piéger le renard. L’épinette noire (principalement du secteur de Saningajualuk) qui était coupée le long de la rivière George était utilisée à Kangiqsualujjuaq pour construire des maisons, des bateaux, des traîneaux et des outils. Le bois était également exporté dans diverses communautés de la baie d’Ungava telles que Killiniq. De nombreux noms de lieux en inuktitut à l’intérieur du parc désignant des endroits où le bois était coupé. Des rivières et des lacs situés à l’est de la rivière George, y compris la rivière Koroc, faisaient partie du réseau emprunté par les Inuits à pied ou en traîneaux à chiens pour traverser la péninsule et atteindre la côte du Labrador.

La région protégée par le parc national Ulittaniujalik est encore considérée par les Naskapis comme un endroit important de leur patrimoine, un lieu ayant une signification historique, culturelle et religieuse qui confirme leur identité. De temps à autre, les Naskapis campaient à divers endroits dans les environs de la rivière George pour pratiquer la chasse, la pêche et le piégeage de subsistance. Traditionnellement, la subsistance des Naskapis était basée sur le caribou et leurs déplacements étaient intimement liés à ceux du troupeau de caribous de la rivière George; ils utilisaient donc un vaste espace qui recouvrait entre autre une partie de ce qu’est à présent le parc national Ulittaniujalik. Cependant, les Naskapis d’aujourd’hui ont peu de souvenirs associés à ce territoire. Seules certaines personnes racontent encore les moments passés à la rivière George à travailler comme guide dans les camps de pourvoirie.

La famille May

L’histoire moderne de la région est liée en grande partie à l’émergence de pourvoiries. Ce phénomène s’est amorcé au début des années 1960, au moment où Bob May a commencé à exploiter une pourvoirie sur le cours inférieur de la rivière George. De 1943 à 1952, May était responsable du poste de la CBH de George River. Au cours de ces années de service, il a appris à connaître les environs et fait de nombreux voyages en amont de la rivière George avec ses amis de chasse inuits, dont Willie Emudluk, Moses Etok, Elijah Sam Annanack et Johnny George Annanack.

En 1954, May a aménagé un premier camp de chasse et de pêche à un endroit connu sous le nom de Pijuminniq, soit à environ 15 km en aval des chutes Helen. L’année suivante, il a déplacé ses activités aux chutes Helen et établi un camp sur la rive est de la rivière. Le camp accueillait des pêcheurs sportifs de saumon pendant la saison de pêche estivale et des chasseurs sportifs de caribou l’automne. L’entreprise était florissante. En outre, la scierie qui a ouvert ses portes sur la rivière George en 1958 a fourni le bois d’œuvre nécessaire à la construction de chalets additionnelles pour les invités et d’installations de service. May a été copropriétaire de l’entreprise des chutes Helen jusqu’en 1963.

Son fils aîné, Johnny, se souvient qu’au moment où ils ont hiverné le camp des chutes Helen à l’automne 1960, ils ont déménagé le matériel et l’équipement à une cinquantaine de kilomètres en amont de la rivière jusqu’à un endroit appelé « Big Bend ». Ils ont passé l’année là-bas. On ignore à quel moment précis Bob May a décidé de construire un camp à Big Bend, mais il a pu constater au cours de cette année-là le potentiel que recelait l’endroit. Le saumon abondait. Toutefois, l’endroit n’était accessible qu’en hydravion.

May a continué d’explorer les lieux pour trouver un endroit propice à la construction d’un camp et évaluer jusqu’où migrait le saumon en amont. La région des Pyramides offrait tout ce qu’il recherchait : paysage magnifique, excellentes possibilités de pêche et de chasse et, surtout, un long plateau de gravier pouvant servir de piste d’atterrissage. Vers le milieu des années 1960, la famille y est revenue pour défricher le terrain et construire des cabanes et d’autres installations d’hébergement, aidée par des Inuits de Kangiqsualujjuaq et de Kuujjuaq. Tout comme cela avait été le cas aux chutes Helen et à Big Bend, tout au Pyramid Mountain Camp a dû être fait à la main.

En 1975, en raison de la popularité croissante des camps des Pyramides et de Big Bend, un deuxième camp satellite a été construit à Little Pyramid. Ce camp était exploité par Peter May, un autre fils de Bob.

Les camps employaient des guides inuits et naskapis, habituellement des hommes que Bob May connaissait bien du temps où il travaillait pour la CBH dans la région. Pendant un certain nombre de saisons, à partir de la fin des années 1970, des guides naskapis étaient transportés à la pourvoirie Pyramid Mountain Camp à partir de Schefferville à bord d’un aéronef monomoteur de type Otter, dans le cadre d’un programme de main-d’œuvre du gouvernement. Après 1986, les Naskapis ont cessé de venir, apparemment en raison de la diminution du nombre de clients, laquelle réduisait le nombre de guides nécessaires. Par la suite, les guides travaillant au camp étaient pour la plupart des Inuits de Kuujjuaq.

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Attraits

La descente de la rivière George : Le canot-camping est de loin l’activité la plus appropriée pour découvrir la vallée de la rivière George. Cette rivière peut être descendue à bord de divers types d’embarcations comme le canot, le kayak et le radeau pneumatique (raft). À l’intérieur du projet de parc, le parcours canotable de la rivière George s’étire sur environ 130 km.

Un séjour au Pyramid Mountain Camp: Le Pyramid Mountain Camp est une pourvoirie établie en bordure de la rivière George depuis 1963. Les bâtiments en bois rond ont été construits avec des arbres récoltés dans la forêt avoisinante. Venez découvrir ce lieu riche en histoire et vous imprégner de la culture locale. Une excursion au sommet du mont Pyramide et une partie de pêche y sont des incontournables.

Géomorphologie

Au cours de la dernière glaciation, une masse de glace de 2 000 à 3 000 m d’épaisseur recouvrait le territoire. Sous le poids de la glace, la croûte terrestre s’est enfoncée. Le mouvement de cette masse de glace a laissé des traces dans le paysage en creusant les vallées, polissant des roches et déplaçant des matériaux meubles. La déglaciation aurait débuté il y a 10 ka et une grande partie du Labrador aurait été libre de glace il y a 7,6 ka. Le territoire du parc aurait été libre de glace quelques siècles plus tard. Lors de la fonte, une portion du glacier bloquait le cours inférieur de la rivière George, ce qui a permis la formation d’un lac glaciaire coincé entre les monts Torngat et le glacier, le lac Naskaupi. 

L’âge et la durée du lac Naskaupi demeurent encore hypothétiques. Son niveau le plus haut serait de 550 m, faisant en sorte d’inonder la presque totalité de la zone et s’étendant bien au sud de celui-ci. Au total, 40 niveaux ont été répertoriés pour ce lac. D’anciennes lignes de rivage sont d’ailleurs encore bien visible. Ce sont elles qui donnent la forme caractéristique du pic Pyramide.

Faune

Bien qu’elle se trouve en milieu nordique, la faune est somme toute bien diversifiée. Les cartes de distribution consultées et les inventaires de terrain ont permis de recenser 34 espèces de mammifères, 97 espèces d’oiseaux, 11 espèces de poissons et 4 espèces d’amphibiens. Les espèces de mammifères présentes sont somme toute typiques de la région : caribou, ours noir et une myriade de petits mammifères. 

Les caribous présents seraient essentiellement associés au troupeau de la rivière George. L’effectif de ce troupeau est cependant en déclin depuis les dernières années. Selon les inventaires réalisés par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), la population serait passée de 385 000 en 2001 à moins de 75 000 en 2010. 

Parmi les 97 espèces d’oiseaux, 61 sont présumées comme possiblement nicheuses. L’inventaire réalisé à l’été 2010 a permis de confirmer la nidification de 31 espèces, dont 5 qui ont un statut de protection, que ce soit au fédéral ou au provincial. Il s’agit de l’arlequin plongeur, de l’aigle royal, du faucon pèlerin, du hibou des marais et du quiscale rouilleux. 

Du côté de la faune ichtyenne (poissons), les rivières et les lacs sont dominés par les salmonidés (saumon atlantique, omble chevalier, touladi et omble de fontaine). La rivière George est d’ailleurs connue depuis longtemps comme une rivière riche en saumons et a même fait l’objet d’une pêche commerciale pendant une cinquantaine d’années à partir de la fin du XIXe siècle. La distribution des espèces varie selon les milieux présents. Alors que la rivière George abrite les 11 espèces inventoriées, certains lacs de faible productivité n’abritent que l’omble chevalier. La grande capacité d’adaptation de l’omble chevalier expliquerait son succès de colonisation. Par ailleurs, une forme naine d’omble chevalier a été observée dans un petit lac à proximité du pic Pyramide et au lac Tasirlaq.

Enfin, on ne peut passer sous silence la présence d’insectes et d’araignées. Les récoltes ont aussi permis d’identifier 23 espèces de coléoptères, 3 espèces de fourmis et 33 espèces d’araignées.

Flore

L’aire du parc est couverte majoritairement de dépôts à nu, d’arbustes, d’herbes, de mousses et de lichens. Les versants de vallées constituent une zone de transition entre deux milieux forts différents, passant graduellement des arbres, à l’herbaçaie, la muscinaie ou la lichénaie. La flore vasculaire est estimée à environ 330 taxons, de ce nombre, 270 ont été identifiés. Les taxons d’affinité boréale sont davantage présents que ceux d’affinité arctique. Du côté des invasculaires, les récoltes sur le terrain ont permis d’identifier 51 hépatiques, 75 mousses et 114 lichens. Ces récoltes ont permis de découvrir deux nouvelles hépatiques pour le Québec Marsupella boeckii et Eremonotus myriocarpus)!